Aujourd'hui, le parlement fédéral a pris une décision qui va à l'encontre de la volonté du peuple neuchâtelois et des principes d u fédéralisme.
En adoptant un loi étendant le champ d'application des conventions collectives de travail (CTT), le Conseil des États, à la suite du Conseil national, ouvre la porte à une remise en cause du salaire minimum. Concrètement, cette loi permettra à certaines CCT de prévoir des salaires inférieurs au minimum légal, contournant ainsi une décision démocratique claire de la part des neuchâtelois-ses.
À Neuchâtel, la population s'est exprimée sans ambiguïté: aves plus de 54% des voix, elle a décidé qu'un seuil minimal de dignité salariale devait être garanti. Les opposants annonçaient alors chômage, travail au noir et déclin économique. Neuf ans plus tard, rien de tout cela n'est arrivé: l'emploi dans le canton a fluctué au rythme des crises et accalmie, mais le salaire minimum n'a pas détérioré l'emploi. Ce qui a changé, en revanche, est fondamental: il n'est plus possible de rémunérer certaines activités au lance-pierre. Aujourd'hui, aucun travailleur ne peut être payé en dessous de 21,35 CHF de l'heure (18,15 CHF dans l'agriculture). Ce n'est pas une atteinte à la liberté économique, c'est de la dignité.
Sous couvert de défendre le partenariat social, une majorité de la droite et du centre affaiblit par ce vote la souveraineté des cantons et d'attaque une fois de plus aux travailleur-ses de notre pays, en particulier les plus précaires, et c'est simplement scandaleux.